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Mise au point: sur sur le vote
obligatoire lors d'une requête en
accréditation

Gilles Brosseau
Coordonnateur
Québécois AIMTA.
Consoeurs,
Confrères,
Comme vous avez pu lire dans les journaux, français et anglais, à
Montréal comme à
Québec et Sherbrooke, certains analystes de l’Institut Économique de
Montréal
soumettent qu’au nom de la démocratie il doit y avoir un vote
obligatoire lors d’une
requête en accréditation (une demande de syndicalisation) afin de
confirmer la volonté
des travailleurs et travailleuses.
Qui est
en accord avec cette affirmation ? Eh bien, le Conseil du Patronat (dont
l’ancienprésident est le nouveau président de l’Institut Économique de
Montréal), les jeunes
libéraux en congrès, les jeunes adéquistes en congrès et voilà qu’ils se
sentent légitimés
par un sondage qui leur donnerait raison.
Mise au
point:
Sous la couverture, trop souvent utilisée, de la grande démocratie, ils
soulèvent que 71 %
de la population est d’accord car « c’est démocratique » et le plus
surprenant c’est que
80% des syndiqués seraient aussi en accord. J’aimerais bien entendre
comment la
question a été posée par les sondeurs.
Mais depuis quand les employeurs s’inquiètent-ils de la
démocratie dans les milieux de
travail?
Le seul qui peut apporter la démocratie au travail c’est le
Syndicat et c’est de ça qu’ils
ont vraiment peur, une peur bleue.
Il est évident qu’à première vue, ça semble bien fondé car démocratique.
Et qui donc
serait contre de tenir un vote démocratiquement.
Mais la réalité est tout autre.
La très grande majorité d’entre nous, syndiqués, n’a jamais eu à se
battre pour se
syndiquer et n’a jamais participé à une campagne de syndicalisation.
Au souper reconnaissance de la section locale 869, ce printemps dernier,
un hommage fût
rendu à ceux et celles qui ont participé à la syndicalisation de Rolls
Royce Canada, un
hommage à leur COURAGE; courage de se tenir debout face à l’employeur,
avec les
risques que ça comportait, courage de se tenir debout face aux autres
travailleurs qui
étaient contre, courage de vouloir se faire respecter quitte à en
assumer les conséquences.
En 2009, une campagne de syndicalisation se fait encore en
secret, comme si c’était
toujours illégal de se syndiquer. Mais pourquoi donc ?
Parce que des travailleurs et des travailleuses se font congédier en
tentant d’exercer ce
droit de se syndiquer. Lorsque l’employeur ne trouve pas de raisons
disciplinaires pour
les congédier, ils se retrouvent isolés, épiés et trop souvent
subtilement menacés.
Parce que les employeurs utilisent des moyens crapuleux pour démotiver
ces travailleurs qui ne
cherchent qu’à se faire respecter; tels appels anonymes à leurs
conjoints/conjointes qui
présument la perte de leur emploi, la fermeture de l’usine ou du bureau.
cherchent qu’à se faire respecter; tels appels anonymes à leurs
conjoints/conjointes qui
présument la perte de leur emploi, la fermeture de l’usine ou du bureau.
Ceux et celles qui étaient au dernier Congrès de la FTQ à Québec, ont
entendu de tels
exemples pendant une heure et demi, que ce soit l’exemple de Messier
Dowty à Mirabel
ou de Walmart au Saguenay.
Pourquoi ce droit de se syndiquer est-il perçu comme un désavantage pour
les entreprises
québécoises devant la concurrence internationale ? Ça va si mal que ça
au Québec ?
Non, ce n’est pas la raison.
La raison est bien simple : Ils sont contre et archi-contre
les syndicats. Ils sont contre le
fait que les travailleurs et travailleuses veulent se faire respecter,
négocier librement, faire
respecter les lois et normes du travail. Ça va tellement mieux quand il
n’y a pas de
syndicat, pas d’arbitrage, pas de négociations, des comités santé
sécurité bien encadrés
par les patrons avec des travailleurs peu formés et un droit de gérance
sans limites.
Pourquoi veulent-ils un vote obligatoire ?
Car si il y a une requête en accréditation, et qu’un vote a lieu une
semaine ou deux après
la requête, et bien ça leur donne toute l’opportunité, huit, douze ou 16
heures par jour, de
parler à LEURS employés et de leur expliquer, avec l’aide de leurs
avocats les méfaits de
la syndicalisation, de leur expliquer que l’entreprise pourrait fermer
ou déménager dans
une autre province ou un autre pays, de menacer ou même congédier les
militants
syndicaux, de créer la dissension, la méfiance, la crainte, la
dénonciation et l’inquiétude
parmi les employés et leurs familles par ricochet.
Avec comme seul but : Conserver leur contrôle total sur votre
vie au travail.
Je vous exhorte à en discuter dans vos assemblées syndicales quelles
qu’elles soient;
d’expliquer aux gens que vous connaissez, votre famille, vos enfants,
pourquoi le
système actuel d’accréditation est adéquat et quels en sont les raisons.
Le processus actuel est très démocratique, car il nécessite
une vraie majorité (50%+1) des
travailleurs et travailleuses pouvant être affectés et non pas une
majorité des votes de
ceux et celles qui ont votés.
Si vous désirez en savoir plus, et bien, demandez à ceux et celles qui
ont participé à la
syndicalisation dans leur milieu de travail ou qui ont participé à des
campagnes de
syndicalisation.
Syndicalement,
Gilles Brosseau
Coordonateur québécois - AIMTA
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